Armand Lunel : son petit-fils fait redécouvrir le roman qui lança sa carrière

Armand Lunel
Cent ans après sa parution, Nicolo-Peccavi retrouve des lecteurs grâce à Daniel Jessula, le petit-fils d’Armand Lunel. Il a orchestré la réédition du roman couronné en 1926 par le tout premier prix Renaudot. L’ouvrage, publié initialement chez Gallimard puis réédité en poche en 1956, était devenu difficile à trouver, explique-t-il. L’histoire se déroule à Carpentras et suit un drapier catholique confronté à une crise d’identité lorsqu’il découvre que ses ancêtres appartenaient aux Juifs du Pape, communauté installée autour d’Avignon et protégée, pendant des siècles, par la papauté. Armand Lunel puisait dans sa propre histoire familiale : ses ancêtres étaient eux aussi issus de cette communauté. Son petit-fils rappelle que les souvenirs d’enfance de l’écrivain ont nourri le récit. En vacances à Carpentras, Lunel avait notamment assisté aux manifestations anti-Dreyfus. Le capitaine Alfred Dreyfus avait alors trouvé refuge chez sa sœur, dont le magasin se trouvait en face de celui des Lunel. Selon Daniel Jessula, c’est Albert Cohen, qui connaissait les origines familiales de son grand-père, qui l’avait encouragé à écrire sur ce sujet. À Monaco, Armand Lunel est aussi resté dans les mémoires comme professeur de philosophie au lycée Albert-Ier. Il y enseigna de 1920 à 1956, à l’exception de la période de la Seconde Guerre mondiale. Daniel Jessula raconte que, lorsque les lois antijuives de Vichy furent appliquées en Principauté, son grand-père fut mis à la retraite. À partir de 1942, il représenta les familles juives résidant à Monaco et sollicita l’aide du prince Louis II. D’après son petit-fils, celui-ci leur assura qu’elles seraient protégées tant qu’elles resteraient dans la Principauté. Pour Daniel Jessula, cette réédition permet de faire connaître à nouveau un livre fondateur dans le parcours de son grand-père, mais aussi de remettre en lumière une histoire familiale et monégasque dont il juge le souvenir important.
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